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L'Aquaraid Léman 2011  | Exploit dans le journal ! |
|   | Une belle équipe soudée |
|  Mot du Président Ludovic Ruaux | Voilà, une nouvelle page se tourne…… La traversée du Lac Léman s'achève que nous nous projetons vers l'avenir. Cette belle aventure à l'initiative d' " aquaraid " fut le moment pour nous de rencontrer des gens extraordinaires au grand cœur. Un beau projet qui trouva une finalité à la hauteur des espoirs fondés.
Civil, professeur, gendarme, infirmier, publicitaire, bénévoles…..pompiers, autant de différences qui ont permis à cette belle équipe de venir à bout de ces 73 kilogrammes effectués de jour comme de nuit à la seul force des bras et des jambes dans une eau majestueuse et resplendissante.
Que dire de nos sportifs si ce n'est l'extraordinaire dévouement de ces marins qui ont mis à notre disposition leurs savoirs et leurs embarcations au service de la sécurité et du bien être de ces hommes ordinaires qui ont décidé de se lancer corps et âme à la rencontre du phénomène " Léman ".
A toutes et à tous, je tire mon chapeau et leur assure que les pompiers de l'Extrême sont fiers d'avoir pu apporter, ne serait-ce que minime, une aide pour l'extraordinaire défi qui vient d'être réalisé.
MERCI et sachez que cette aventure restera gravée à jamais dans nos cœurs et nos esprits.
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| |  Résumé de l'Aquaraid vu de l'intérieur | Aqua raide 2011 (Villeneuve -St Astier -Evian - Périgueux - Poisy - Beauvais - St Malo - Groisy - Bâle - Mulhouse - Genève par la face Nord Est)
Octobre 2010, un SOS lancé sur " le Boncoin " stipulait: "Skipper et bateau pour défi sportif et humanitaire", puis, quelques jours plus tard: "Cette annonce est désactivée"
En effet, le contact avait été pris, le poisson avait mordu, dommage que "Skipper et bateau" étaient inscrits au singulier.
Ainsi pouvait démarrer la longue préparation d'une aventure.
Les ordis ont chauffé au rouge à certains moments, il fallait trouver des malades capables de relever le défi, tant sur le plan sportif que logistique. Ainsi, les semaines, chargées en espérances, en désillusions se sont succédé sans que la machine ne soit ralentie: il fallait que ça passe.
Et ça n'a pas cassé. Les contacts pris avec les uns ont tenu, ceux avec les autres ont pété, c'est pour cela que nous pouvons remercier chaleureusement les uns et oublier un peu les autres.
Les autres n'y ont peut-être pas cru, parce que "s'il pleut ?", ou bien " c'est quand ?" ou alors "ch'ai pas !"
Les mordus du départ se sont accrochés, ce qui a permis que cette aventure se mette en place dans ses préparatifs et dans ses nombreux contacts.
Depuis Chancelade, capitale mondiale du Périgord Blanc les petites mains et les neurones s'activent: "C'est grand le Léman ? Quel temps fait-il ? Y a-t-il du vent ? A quelle heure on mange ? Les habitants s'appellent-ils Lémanteurs ? etc …..)
On sort les cartes, on recherche les relevés météo, on communique les CV de chacun. En bref, on cherche à s'occuper pendant l'hiver.
L'aventure semblant autant possible que probable et que souhaitable, on décide de passer la seconde, et Sylviane et Alain commencent à jouer du traitement de texte, de l'Email et du téléphone pour glaner quelques autorisations (3 ou 4 pour la Suisse et seulement 7 pour la France).
Fin Mai, les choses commencent à se préciser alors que c'est toujours la galère pour trouver un ou deux skippers avec bateau supplémentaire.
Fin Juin, on approche. La période de nage est déterminée avec précision, en tenant compte de la météo souvent incertaine sur le Lac (de plus, les GPS nous indiquent qu'il y a deux Lacs à traverser : le Léman de Villeneuve à Yvoire, puis le Lac de Genève d'Yvoire jusqu'au final) [cf documentation géographique helvète]
Les rendez vous sont pris pour l'arrivée de la logistique (Sylviane et Alain). Le vendredi 22 Juillet, ils camperont à Yvoire, point central de ralliement. La mise à l'eau des embarcations s'effectuera à Sciez.
Les gardiens du camping sont exceptionnels, ils accueillent sans encombre le petit bateau moteur (que nous appellerons Jeannot) sur l'aire des visiteurs. Ils seront tout aussi tolérants pour supporter le stationnement de la remorque qui achemine les deux canoës.
[Petite histoire Chablaisienne " Tu sautes dans le canot, point de canot, ……. ………pis dire quoi !" {rires}]
Les nageurs et pompiers se rejoignent les uns après les autres lors du week-end. Ils sont soutenus moralement et diététiquement par la nounou "Bernard" qui a la charge de réconforter la troupe à coup de pâté de lapin, tout en assurant la surveillance rapprochée de Mathys et Yanis qui iraient bien faire un tour sur le lac plutôt que d'attendre que les grands rejoignent la terre ferme pour les embrasser.
Le week-end se passe sans les équipes se rencontrent du fait que chacun avait fort à faire ailleurs:
- sortir le bateau de Didier du lac d'Annecy et installer le phare de recul du 4x4 à l'avant du bateau (opération complexe : mettre un phare destiné à l'arrière d'un véhicule, pour le disposer à l'avant d'un second. Il faut, d'après ce que j'ai compris, inverser les fils, la polarité étant une prudence primordiale sur les instruments de bord, mais peut-être que je vous ennuie avec tous ces détails techniques sans lesquels une telle aventure n'aurait pu se faire, du fait qu'on aurait pu nager en marche arrière).
Dimanche 24/07 /2011
Il fallait que Jacky se ressource avant le départ n'étant pas certain de casser la croûte comme il a l'habitude de le faire à heure fixe, même en navigation. Pour l'aider, nous étions convenus de manger les boudins créoles préparés par Jean-Mi (un ami commun venu d'Orléans, Réunionnais d'origine) chez Jacky (arche de Noël), car la propriétaire de la location de vacances dudit Jean Mi trouvait que ça n'était pas convenable d'avoir en même temps Jacky et Dom sur sa propriété car elle ne possédait que deux hectares de terrain. C'est à force de médicaments approprié aux saucisses créoles que nous arrivons à tenir le choc car demain est un autre jour. Dodo de bonne heure vers 24 heures du matin.
Lundi 25/07/2011
Jacky arrive à l'heure + 19, comme à l'accoutumée en prétextant qu'il n'avait pas pris le temps de casser la croûte avant. Nous nous mettons en route ayant la charge de transporter les canoës jusqu'au camping d'Yvoire. Rencontre rapide avec les éveillés du camping puis nous nous mettons cap, "tous seuls les deux" vers Sciez au moteur car le temps presse et il n'y a pas assez de vent pour mettre la voile et arriver avant la Toussaint. Arrivée à Sciez, rencontre avec le reste des réveillés d'Yvoire, Jeannot va faire trempette, Fabio l'ayant acheminé. Didier et Béa arrivent sur ces entrefaites (comme quoi les choses étaient bien calées) et nous aidons à la mise à l'eau, rangement des remorques, premières embrassades, petit coup à boire (en cachette) ce qui laisse le temps à nos amis sapeurs de faire des ronds dans l'eau avec les canoës et se familiariser avec les nageurs qui trépignaient d'impatience. La caravane nautique s'ébroue (de noix) et la coquille de la même texture (je parle de Jeannot, que nous pourrons appeler, plus après coquille, en mettant naturellement "noix" en facteur, ce dernier ne sonnant pas, mais klaxonnant depuis sa voiture car il a peur du chien).
Après avoir fait une marche arrière conséquente de 15 litres consommés inutilement en ayant parié sur le fait que le voilier, même au moteur était en mesure de tracter l'ensemble des autres embarcations, nous entreprîmes de casser la croûte en laissant le soin à Didier de remorquer tout ça, sachant que lui seul, chargé de surveiller sa conduite, était appelé à ne manger qu'à l'issue de ce long périple.
Nous approchons du bout du lac vers 20 heures et nous décidons de nous amarrer au port du Vieux Rhône, bras désaffecté, sauf par les moustiques qui vinrent nombreux accompagner les grèbes et canards de toutes sortes lors de notre arrivée et de notre frugal repas (sauf pour Didier qui avait accumulé deux repas de retard et qui a repris 3 fois du Gruyère). Le décor est magnifique à tel point que nous en oublions le programme du lendemain et nous endormons dans le calme le plus total après avoir avalé une petite cuillère du médicament que nous avions pris soin de mettre à l'abri de toute perte d'équilibre dans le voilier. Les lecteurs attentifs auront remarqué le soin apporté au matériel embarqué.
Eh oui, il n'y avait pas que des humains à préserver dans cette aventure.
Mardi 26/07/2011
Le Dodo fut réparateur, le café excellent, le Popo salvateur, la journée s'annonçait belle (bonne météo, bonne humeur, et nous ne nous étions pas encore engueulés avec Jacky).
Nous re-parcourons le chenal dans le calme le plus absolu, au milieu des nénuphars jaunes et roses, dans une eau limpide, clairsemée de bois flottés, errant dans la brise naissante qui n'osait froisser le parchemin, seule route maladroitement tracée à l'aide d'un GPS d'occasion que nous avions trouvé à la déchetterie de Meillerie (si ça n'est pas de la poésie, Ronsard n'a qu'à bien se tenir).
Hors du chenal, nous sommes enivrés par cet air venu du large qui soudain nous estourbit au point que Béa lâche le bout du canoë qui depuis le départ réclamait sa liberté.
Morale de cet évènement: "On ne tracte pas un canoë plus de 18 heures sans le laisser faire ses besoins loin des regards lubriques des navigateurs en mal d'aventures."
Le petit s'était fait la malle, pour soulager un besoin si naturel. Petit rappel : les besoins naturels sont au nombre de 7+1 selon St Jacky:
- Manger
- Se reposer
- Se couvrir
- S'abriter
- Se reproduire
- Faire pipi
- Faire popo
- Faire péter les sardines à 7 heures du matin avec un coup de blanc (fin de citation).
Le petit canoë nous joue des tours au point que nous en faisons trois (des tours) pour le récupérer, car il prenait un malin plaisir à se replacer au centre du carré de l'hypoténuse que formait la triangulation des trois bateaux au large du fleuve Rhône qui alluvionnait notre sillage auparavant si paisible. Ce fut l'angoisse de la matinée, chacun criait " Canoë, reviens ! Reviens ! " Mais l'entêté s'était confortablement installé au centre diamétralement opposé à nos trajectoires multiples et Oh, combien asymétriques ! Puis la capture fut aisée, l'animal épuisé nous demanda pardon, se laissa "laisser", las de lasser dans la liesse qui nous élançait. Béa l'attrapa au col. C'était aisé du fait que l'altitude ne change que rarement sur le lac argenté (naturellement suisse).
Puis les lumières déjà éteintes de Villeneuve nous ouvraient leurs bras tentaculaires
Pause: "Villeneuve en vaudois signifie ancienne cité retapée, à savoir nouvelle cité née de l'ancien ou tout simplement Ville Neuve pour ceux qui ne savent même pas que des chercheurs sont encore à l'ouvrage pour éduquer les touristes."
Rien de neuf, rien de nouveau pour nous, marins d'expérience, mais également d'expertise qui croisons au large de l'île de Peilz, avant de rejoindre ce petit port tranquille quand il fait beau et dont il faut s'éloigner de plus de dix miles marins lorsque l'Ouest menace.
Une fois amarrés, nous attendons les nageurs, un peu de sans plomb 95, et pendant cette attente lourde de Deux heures, nous en profitons pour faire la connaissance d'Eric qui accompagné d'Eric et d'Olivier nous font part de leurs prénoms, ce qui nous sert de présentations.
On fait péter une boîte de thon (car les sardines étaient restées pour obturer le port le temps du départ) et là !!!!!!!!!! invasion de sacs, de caisses, de palmes, de gants, de bonnets, de bouteilles d'eau (même pas d'Evian), de bidons, de lunettes, de combinaisons, de chaussons, et d'objets hétéroclites dont nous ignorions l'existence après plus de quarante années de navigation sur le lac (je cite pâté de lapin de Bernard, bananes séchées, figues, dattes, nouilles équilibrées, potages complets, etc...) Nous sommes sommés et assommés d'embarquer tout ce matériel, Jacky se demandant si au milieu de tout il pourrait retrouver les sardines à l'heure fatidique où il a l'habitude de les faire péter.
Ce "tohu-bohu" nous chavire un peu. J'ose dire à haute voix: "On n'est plus chez nous".
Et c'était vrai, des étrangers venaient alourdir nos bateaux alors qu'on était parti entre copains pour faire "light" au départ.
On apprend que les nageurs allaient partir de l'embarcadère situé à 500 mètres du port alors que nous étions affairés à recompter les sardines sous les quelques 1200 tonnes de bagages et autres accessoires qu'on nous avait imposés à bord.
Nous nous concentrons sur nos postes respectifs:
- Didier et Béa sur leur bateau (c'est un peu logique, c'est le leur)
- Jacky et Dom sur le voilier qui tracte le Jeannot (ça reste logique, ce sont les miens)
Détail de l'organisation:
- Les pompiers resteront dans le Jeannot (sauf quand Ludo voudra goûter l'hysope et que les sapeurs devront se préparer à remplacer leur collègue à l'eau)
- Jacky mettra toutes les voiles dès qu'il apercevra une risée alors que nous allons principalement circuler au moteur, juste pour que l'on soit empêché de voir le nageur et le sapeur ;
- Didier et Béa se feront bronzer sur la plage de bain de leur bateau jusqu'à ce que le soleil se couche (après dodo, réveil vers les neuf heures, Jacky étant chargé de leur apporter le café à bord à moins qu'il ne pète la cafetière et ne les condamne à boire du Nescafé. Nous baptiserons Jacky "l'Ami Ricoré") ;
- Les nageurs nagent (ils sont venus pour cela et ils ne devraient pas trop nous déranger pendant notre paisible croisière) ;
- Fabio a acheté le dernier numéro de Télé 7 Jeux pour y camoufler les rotations des nageurs ainsi que les temps de nage (j'ose dévoiler aujourd'hui, ayant copié sur son épaule, qu'il avait réservé une colonne pour noter les éventuels fatigues déclarées, tirs aux palmes, bobos multiples, emphysèmes, tentatives d'abandon de désertion ou de collaboration financière avec la Suisse, afin de distribuer des punitions sévères lors de l'arrivée à Genève devant la presse mondiale qui s'était massée à la Nautique depuis plus de quinze jours) ;
- Sylviane qui ne disait mot mais n'en pensait pas moins se chargeait de préparer des chaussons chauds au four à micro-ondes (Moulinex) pour son petit chéri et mettait les combinaisons et les chaussons des autres nageurs au congélateur (Arthur Martin) en répétant sans cesse que c'était une sacrée aventure. J'en profite pour remercier les maisons Moulinex et Arthur Martin pour leur soutien symbolique de 10 000 €uros chacun et qui nous ont permis d'avoir des glaçons à l'heure du Ricard (à chaque rotation) et d'avoir des patates chaudes pour agrémenter la choucroute sans laquelle Jacky ne serait pas venu).
Il est 13h04 à l'horloge du Voilier : le Défi commence. Alain, "combar" noire toque jaune entame le Léman par la face Ouest, il est coaché par Angélique qui est dans la pagaie, tout comme nous dans la semoule que nous n'avons pas fini de déguster, je renverse ma tisane sur mon tee-shirt, c'est le départ. Fabio vient me contrarier, il m'annonce que le départ a eu lieu à 13h05, et là… c'est le drame : la pendule du voilier se prend une calotte qui la ramène dans le droit chemin, par contre le compas qui ne se trompe jamais mais qui est en secret tombé amoureux de la pendule se fâche avec le GPS qu'Eric n'a pas pu programmer au port et à 200 mètres du rivage, nous sommes déjà perdus. Je lance une balise de détresse et les vacanciers sur le bord qui pensent que la fête nationale suisse a été avancée crient: "Bravo, une autre !" Je me ravise, n'en ayant que trois en tout, je préfère en appeler aux autorités suisses pour leur indiquer que nous sommes bien arrivés mais que nous sommes mal partis. Les autorités m'ayant laissé un message comme quoi il y avait un vent de contestation dans leur administration, m'annonçaient qu'il était préférable que je leur adresse un e-mail en prenant soin de mettre un timbre afin qu'ils le réceptionnent dans les meilleures conditions possibles. Je remets à demain cette sage décision qui permettra, à tête déposée d'expliquer sereinement ce pourquoi je me suis permis de m'excuser en leur adressant la parole par écrit. On est donc dans les meilleures conditions de sécurité pour rejoindre les nageurs qui pendant ce temps-là ne s'étaient pas arrêtés. Les relais entre les nageurs sont pris toutes les deux heures, la météo est clémente et tout se déroule sans encombre. 15h05 C'est au tour de Damien de se mouiller. Il tente de rattraper Léonce mais il n'y arrivera jamais, il abandonne à 17h05.
17h05 Eric Planchamp qui n'a pas peur de se mouiller, ose se mettre à l'eau, il encourage Gaëlle qui apprend à nager pour la première fois. Le moniteur est patient et ne la frappe que deux fois pendant le cours. Ludo est tout content, il a piqué le canoë à Léonce et se dépêche d'aller jusqu'à Genève. La nuit va être sympa, va falloir rappeler à la petite que l'on met les mains devant et les pieds peuvent se garder dans les poches pour avoir moins froid, on lui indique que cette nuit il y aura de la lumière, comme une veilleuse pour qu'elle n'ait pas peur du noir et puisse dormir en nageant. Fabio est fébrile, il n'a aucune minute à lui pour démarrer le sudoku force 1 de la page 139 du télé 7 Jeux qui cache ses statistiques. Il se venge donc sur les skippers en leur disant que nos bateaux vont trop vite et que si l'on continue comme ça, on croisera les nageurs en sortant les bateaux de l'eau à Sciez.
19h05 Alain qui s'est bien amusé dans la piscine décide d'y retourner en compagnie d'Angélique qui se gondole (on ne dit pas qui se canote).
21h05 La nuit approche, on cherche nos frontales que l'on ne trouve pas car il nous faudrait une frontale pour les trouver. Jacky ramasse les cartes d'identité car on va passer la frontière. Fabio planque les tablettes de shit dans les canettes de coca. On éclaire la voile, on allume les feux, le barbecue sera bientôt prêt… Pendant ce temps là Damien court toujours après Léonce qui lui a mis de la lumière pour qu'il ne s'ennuie pas. Eric Dupont vient nous annoncer qu'il a une bouffe à Thonon et que si on a besoin d'essence, on peut venir en chercher à son appartement après 3 heures du matin. Il nous laisse la clef, Jacky s'empresse de la faire tomber dans l'eau, comme ça on est tranquille.
23h05 La nuit, Gaëlle saute à l'eau, Ludo aperçoit les lumières de Limoges au loin (effet dû à l'absorption d'hysope), il accélère. Jacky qui n'a rien d'autre à faire, décide d'envoyer le génois afin que l'on ne soit plus dérangé par ceux qui sont encore dans l'eau à cette heure-là. On va pouvoir se mettre en pyjama, je monte le réveil pour 7h30 car mercredi, c'est jour de marché à Genève
Mercredi 27/07/2011
01h05 Gaëlle nous réveille, elle est toute mouillée, elle a froid, elle divague, elle en profite pour piquer la couverture à Jacky qui décide d'arrêter de ronfler pour la punir.
Pendant ce temps-là, Alain profite du fait que Sylviane a le dos tourné pour s'éclipser avec Angélique jouer au Black Jack au Casino d'Evian. On a du mal à les retrouver car Angélique cachait bien sa lumière devant les projecteurs du Casino. Heureusement que Léonce, du haut de ses 2.12m, les a aperçus en regardant au-dessus de nos têtes. On remet tout ce petit monde dans le droit chemin, et on retourne se coucher.
02h35 Les rotations se font toutes les heures et demie désormais, c'est Fabio qui l'a proposé pour qu'on ne voit pas le temps passer. La pendule du voilier n'est pas d'accord et décide d'avancer. Léonce jette Damien dans l'eau et se sauve pour ne pas se faire attraper. Il n'est pas malin, car il a accroché des lucioles sur le canoë, comme ça tout le monde le voit. On était tranquille avant, car un black dans la nuit, c'est difficile à apercevoir. Sylviane découvre l'objet tendance du siècle : la lampe à leds à manivelle, elle éclaire dans tous les sens, elle ne s'arrêtera de mouliner qu'au petit jour. Pendant qu'elle mouline, y'en a qui bossent. Didier n'arrête pas de nous éblouir avec son phare arrière placé à l'avant (pour embrouiller les GPS). On allume la radio, non pas pour les infos, mais pour se tenir éveillés. Heureusement, Sylviane nous berce avec sa moulinette. Jacky profite que tout soit calme pour se retourner dans sa couchette et sucer son pouce.
4h05 Jacky va boire un coup chez Béa et Didier car il n'y a plus de bière dans le voilier. Gaëlle va se baigner, Ludo fait du bateau. Je propose que les rotations se fassent toutes les cinq minutes afin que les nageurs n'aient pas à se déshabiller. Ma proposition est rejetée, je pars bouder dans un coin.
5h35 Voilà 5 minutes à peine, il était 5h30, c'est fou ce que ça passe vite sur l'eau sauf pour Sylviane qui attrapé une tendinite et qui décide de changer de main et de sens afin de vérifier si ça fonctionne. J'ai fait popo dans le seau vert destiné à cet usage unique et comme cet usage est unique, le seau se détache lentement lors du rinçage, ne laissant aucune trace nauséabonde, ni salissure et décide de s'abîmer dans les eaux profondes et noires. Moulinex m'énerve tellement que je vais boire une bière chez Béa et Didier. Alain et Angélique m'accompagnent mais ils n'ont pas soif, ils vont se baigner. Gaëlle se met nue dans l'eau en nous disant qu'elle est bonne et qu'on est bête de ne pas en profiter. Je peux admirer mon bateau piloté par un inconnu (il aurait pu faire le ménage, de loin on dirait un vide-grenier)
7h05 Nous sommes au large d'Yvoire, je croise Léonce et Damien qui décident de rentrer au camping à la nage. Ludo nous apporte les croissants, Jacky décide de casser la cafetière, pour faire des économies, on boira du Nescafé. Et pour ceux qui n'apprécient pas, on peut "faire péter les sardines avec un coup d'blanc !" Le seau vert a été remplacé par la cuvette bleue. N'ayant pas été averti, je m'aventure à y rincer les verres. Un peu plus tard, on y verra tremper les pailles des bidons. BON APPETIT !
8h35 On ne sait même plus qui est dans l'eau, les nageurs sont tous habillés pareils, le voilier ressemble à un vestiaire, on se croirait chez Emmaüs. J'en profite pour acheter une paire de palmes et un bonnet. C'est l'heure de goûter au véritable Gruyère et de taper dans le pâté de lapin de Bernard (c'est bien lui qui nous a manqué à bord, on n'aurait pas perdu nos kilos superflus).
10h05 Les nageurs commencent à regretter la nuit, on ne voyait pas la fatigue au moins. Les médias se manifestent au téléphone, un journaliste nous demande à quelle heure on arrive, nous l'invitons à consulter le catalogue de la manifestation à la page 28. Jacky nous redonne nos papiers d'identité, c'est fou ce que je ressemble à Léonce sur la photo.
11h35 On va être en retard pour le marché, Fabio qui n'en peut plus de son sudoku enfile une "combar" et se jette à l'eau. On le repêchera une heure plus tard (et une combinaison de plus qui sèche sur le pont). Les Genevois on allumé le jet d'eau pour l'occasion, on le voit enfin.
13h05 Eric Dupont nous rejoint avec son petit bateau, il nous amène Luc Besançon (France Bleu Pays de Savoie) qui écrit ses mémoires dans un coin. Emmanuel, journaliste à TV8 Mont Blanc, voudrait bien embarquer à Yvoire mais on y est déjà passé et Ludo refuse d'aller le chercher en canoë. Il ira directement à Genève. Eric a pris le temps d'acheter un casse-croûte mais il a oublié dans la précipitation d'amener le rouge. On est donc obligés de déboucher la cinquième bouteille de Bordeaux de la matinée. Ca le requinque, il part chercher Emanuel.
Les rotations sont de plus en plus désordonnées. De rage de ne pouvoir suivre attentivement le programme appris par cœur, je jette le catalogue à la mer. Un piranha qui passait par là s'empresse de découper la page des sports.
Il est 14h45, on organise la parade d'arrivée, Jacky déhousse son accordéon, Sylviane ressort sa moulinette, Gaëlle se déshabille une dernière fois, Damien finit la bouteille de rouge, et moi, fidèle à mon engagement, je reste stoïque et je barre. Les nageurs sont fous, ils se jettent à l'eau, les pompiers rament, je pousse Damien par-dessus bord, il n'avait pas fini le Gruyère, Didier réveille Béa, Fabio referme soigneusement le TV 7 Jeux, Luc Besançon n'a plus de mémoire, Emmanuel prend des photos, les "Pom-Pom girls" crient n'importe quoi, c'est la cohue, des milliers de spectateurs se massent sur les quais, la fanfare entame le "pâté de lapin", Bernard regarde sa montre... On a dix minutes de retard, il est 15h14 du matin, le jet d'eau pissote à nos pieds.
Les nageurs sprintent, on ne sait même pas qui a gagné, on ne le saura qu'en achetant l'Equipe le lendemain.
On amarre les bateaux, on jette toutes les affaires par-dessus bord, ce qui fait le bonheur des gamins des quartiers difficiles de Genève, on rejoint les nageurs sur la jetée, on s'embrasse, on pleure, on est tous en tee-shirt sauf Alain qui fait le malin en "combar" et qui attend la nuit pour repartir à Villeneuve.
20h01 Les voitures ont été récupérées, les remorques reculent, les bateaux remontent, ils sont sanglés, les canoës nous embarrassent une fois de plus, on charge la glacière dans le 4x4 de Didier en prenant soin de la délester d'une bouteille de péteux à bonne température, Béa apporte 4 gobelets, il est 21h14, la journée est gagnée.
Didier et Béa s'enfuient vers Groisy avec leur grosse remorque, ils ne prennent pas le temps de passer au camping, tant pis, on boira un coup à leur place. Jacky et moi ramenons les dernières affaires stockées dans le Jeannot, Léonce est déjà parti, beaucoup dorment déjà, on embrasse les rescapés, on boit un coup de coteau de l'Aubance et on trempe les lèvres dans le champagne que les propriétaires du Camping ont offert pour fêter l'évènement.
On embrasse tout le monde, on fait 27 "marches arrière" et 19 "marches avant" pour sortir la remorque de Jeannot, on réveille tout le Camping, on s'engueule un peu avec Jacky, il est 23h30 du soir, on va au dodo.
Vivement lundi qu'on reprenne le boulot.
DD
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| |  La Ballade de l'Aquaraid | Sur l'air de La Ballade de Willy Brouillard (Renaud)
Intro : Rém Rém Sol Sol Rém Rém Sol Sol
Rém C'est la nuit sur le Léman bleu, Sol Alain ouvre enfin les yeux, Sib Il avait pris le premier relai, Lam Peut-être un peut fracass'. Rém Il se lève, s'étire, se sappe, Sol Sa combi et son sac, Sib Il a mal aux yeux, tant pis, Lam La Le v'là parti. Refrain Rém Fa Nage de nuit, Fa Rém Sib Mib Mib On est bien dans la mare, Rém Rém/Do Drôle de trip, Fa Mib Pour l'équipe embarquée, Rém Rém C'est parti.
Rém Villeneuve on était à l'heure, Sol Après on f'ra quatre heures, Sib Faut que je montre à mes potes Lam Que j'ai pas les chocottes. Rém Direction Evian les Bains, Sol Je suis déjà dans l'bain Sib Je suis dans l'eau et j'suis bien Lam La Qu'en pensent les copains
Refrain Rém Fa Nage de nuit, Fa Rém Sib Mib Mib Au milieu de nulle part, Rém Rém/Do J'ai une envie Fa Mib De n'pas laisser mon tour Rém Rém Pour toujours
Rém Quand j'étais p'tit j'voulais faire Sol Surveillant d'bain à St Nazaire Sib Apprendre à nager le crawl Lam A des minots pas vraiment drôles Rém Et puis dans le Périgord Sol Je pense qu'j'ai pas eu tord Sib De faire quelques traversées Lam La Sachant qu'il faut retourner
Refrain Rém Fa Nage de nuit, Fa Rém Sib Mib Mib On est bien dans la mare, Rém Rém/Do Loin de l'ennui Fa Mib Personne ne m'a suivi Rém Rém C'est mardi
Rém Pourquoi, moi j'ai choisi, Sol La nage, et pas la crèmerie Sib C'est qu'à la poissonnerie Lam Je rencontre mes amis Rém La truite pêchée à la mouche Sol C'est un sort qui moi me touche Sib J'ai choisi entre deux galères, Lam La celle où tu nages.
Refrain Rém Fa Nage de nuit, Fa Rém Sib Mib Mib Au milieu de nulle part, Rém Rém/Do J'ai une envie Fa Mib De n'pas laisser mon tour Rém Rém Pour toujours
Rém On va quand même pas se plaindre, Sol Il n'a pas encore plu. Sib Où pensiez vous qu'on allait s'tirer Lam Devant la difficulté ? Rém Ça s'rait vraiment l'monde à l'envers, Sol le fond de la misère. Sib Est-c'qu'on peut mettre de la musique Lam La sur la vie d'un trip ?
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